7 févr. 2013

Social Business : La difficile adoption des réseaux sociaux d'entreprise



Les projets d'entreprise 2.0 ou Social Business se multiplient. 


Le cabinet Lecko dans sa dernière présentation de son étude RSE Tome 5 "A chacun son nouveau monde" indique que le marché des réseaux sociaux d'entreprise a augmenté de 170% en 2012 et prévoit la même tendance pour 2013 (en France). 70% des entreprises du CAC 40 ont en cours un projet de déploiement d'un RSE, mais, "la construction de l’entreprise 2.0 prend du temps" et "l'entreprise cherche sa voie pour se transformer" annonce clairement Arnaud Rayrole.

L'institut Gartner, annonce qu'en 2016, 50 % des grandes organisations seront outillés d'un réseau social d'entreprise. Mais Gartner indique aussi qu' "en 2015,  80% des entreprises ayant entreprise une démarche de transformation vers le "social business" n'auront pas atteint les objectifs attendus".  

Mc Kinsey dans son étude rappelait la difficulté pour un organisation de  devenir totalement "social Business" (3% des organisations selon Mc Kinsey).

Une partie de l'étude du cabinet Deloitte "Technology,Media & Telecomunication Predictions 2013"  confirme l'ensemble de ces études. Elle met en avant la difficulté pour les organisations ayant implantées un réseau social d'entreprise de le faire vivre et d'en tirer les bénéfices.


Voici les éléments de la partie relative aux réseaux sociaux d'entreprise :


- Taux d'utilisation et participation

Le taux de présence de réseaux sociaux d'entreprise dans les organisation du top 500 fortune va grimper à 90% en 2013 (70 % d'augmentation en 1 an).

Ce fort "taux d'équipement" reste cependant un taux d'équipement et non un taux d'adoption. 


  L' adoption par les utilisateurs est difficile

  • 20 à 30% des collaborateurs ne signent pas l'accord "d'enregistrement" au réseau social lors de la 1 ère connexion
  • Sur les 70% s'inscrivant sur la plateforme seul 33% lisent du contenu 1 fois par semaine et seul 40% postent un message par mois (en comparaison, sur les réseaux sociaux publics 58% lisent du contenu chaque semaine, 56% postent un contenu par mois)
  • Le taux de non participation (moins d'un post par mois) des collaborateurs peut allé de 41% à 72% selon les cultures locales.
  • Bonne nouvelle : 1/3 des salariés utilisant un RSE reconnait des impacts positifs.
L'étude rappelle que les taux d'adoption du mail et du portable avaient des taux d'adoption identiques dans leurs premières années. 


  Le faux argument de la génération Y ?  

Certains projets de transformation prennent fortement en compte le fait que l'entrée de la génération Y dans l'entreprise vient bouleverser les modes de travail notamment par leurs connaissances et l'usages des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter... 

Les élément de l'étude de Deloitte renforcent le fait que les pratiques privées des réseaux sociaux de la génération Y ne favorisent pas obligatoirement leur adoption dans le monde de l'entreprise :   
  • Le taux d'inscription des 40-49 ans est 40% plus élevé que la tranche 20-29 ans.
  • Les 40-49 ans qui postent plus de 4 messages par mois sont 2 fois plus nombreux que les 20-29 ans.
NB : Sur Plazza, le RSE d'Orange la moyenne d'age 43 ans.



- Pourquoi une telle difficulté ?

  • Une grand majorité des collaborateurs ne comprennent pas l'intérêt, les bénéfices et les attentes attendues. La peur d'être sur informé apparaît aussi comme un frein pour le collaborateur.
  • Le manque d'interactions avec les processus métier.
  • Faciliter la prise en main de l'outil avec des supports d'accompagnement.


En conclusion : 


Les divers éléments de l’étude rappellent les challenges que les organisations rencontrent lors de l’implantation d'un réseau social d'entreprise.
  • Il ne s'agit pas d'installer un outil de/en plus
  • Plus l'intégration dans le process métier est importante plus les collaborateurs seront "amenés" à venir partager et participer dans les communautés.
  • L'évolution des pratiques et l'adoption ne peut se faire qu'en expliquant au collaborateur le pourquoi, le comment à son niveau.
  • L'accompagnement est une nécessité. C'est via cet accompagnement que le collaborateur comprendra ce qui est attendu de lui et pourra réfléchir à ce qu'il peut en faire.
  • L'adoption demande un effort de l'ensemble des acteurs de l'entreprises.

Cette difficile adoption des réseaux sociaux d'entreprise interpelle également sur la difficulté de devenir "social Business". 
Toute organisation aura plus de difficulté à comprendre et répondre aux attentes et aux besoins de l'ensemble des acteurs de son écosystème et des clients, que celles de ses propres collaborateurs... 



Mais restons sur des pistes positives : 

  • Le modèle du Community Roundtable est atteignable en moyenne en 4/5 ans, et ceci reste un modèle. Les difficultés rencontrées demandent souvent plus de temps...
  • Les évolutions se font à petit pas et nécessitent des ajustements avant d'arriver à leurs objectifs...   
  • ...mais chaque pas rapproche de l'objectif...




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